PAPRIPACT : transformer les risques identifiés en véritable plan d’action

Votre entreprise compte 50 salariés ou plus.

Vous avez réalisé votre DUERP. Les risques professionnels ont été identifiés, évalués et hiérarchisés.

Mais une question reste :

Que fait-on maintenant de ces risques ?

C’est précisément là que le PAPRIPACT prend tout son sens.

Le Programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail constitue, pour les entreprises d’au moins 50 salariés, le cadre dans lequel sont programmées les actions de prévention issues notamment de l’évaluation des risques professionnels.

Mais réduire le PAPRIPACT à un document réglementaire supplémentaire serait passer à côté de son véritable intérêt.

Un PAPRIPACT utile ne consiste pas simplement à remplir un tableau d’actions.

Il doit permettre à l’entreprise de transformer les risques identifiés en décisions, en actions et en résultats suivis dans le temps.

Le PAPRIPACT, c'est quoi exactement ?

Le PAPRIPACT signifie :

Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail.

Son principe est simple : à partir des résultats de l’évaluation des risques professionnels, l’entreprise définit les mesures qu’elle prévoit de mettre en œuvre pour prévenir les risques et améliorer les conditions de travail.

Pour les entreprises d’au moins 50 salariés, le Code du travail prévoit que les résultats de l’évaluation des risques débouchent notamment sur un PAPRIPACT.

Le programme doit notamment permettre d’identifier les mesures à prendre, leurs conditions de mise en œuvre, les ressources nécessaires, leur calendrier et les indicateurs permettant d’en suivre les résultats.

Mais derrière ces exigences réglementaires, une question beaucoup plus concrète se pose :

Est-ce que votre PAPRIPACT vous aide réellement à piloter votre prévention ?

DUERP et PAPRIPACT : deux documents, une même démarche

Le DUERP et le PAPRIPACT ne devraient pas être deux documents indépendants qui vivent chacun dans leur coin.

Ils s’inscrivent dans une même démarche.

Le DUERP permet d’identifier, d’évaluer et de hiérarchiser les risques.

Le PAPRIPACT permet de traduire ces priorités en actions de prévention et de suivre leur mise en œuvre.

On pourrait résumer la logique ainsi :

Cette articulation est essentielle.

Un PAPRIPACT construit indépendamment du DUERP risque rapidement de devenir une simple liste d’actions.

À l’inverse, un DUERP qui n’alimente jamais les décisions de l’entreprise reste largement documentaire.

L’un doit nourrir l’autre.

Si vous souhaitez approfondir cette question, j’ai consacré un article à cette première étape de la démarche :

DUERP : et après ? Comment transformer votre document unique en véritable démarche de prévention

Le PAPRIPACT n'est pas une liste de bonnes intentions

C’est probablement l’un des principaux écueils.

Une entreprise identifie un risque et inscrit dans son programme :

  • « Former les salariés »
  • « Faire une sensibilisation »
  • « Acheter des EPI »
  • « Mettre à jour la procédure »
  • « Rappeler les consignes »

Ces actions peuvent être pertinentes.

Mais elles ne constituent pas nécessairement, à elles seules, une véritable démarche de prévention.

Prenons un exemple.

L’évaluation des risques fait apparaître un risque lié aux manutentions manuelles.

La réponse pourrait être :

Former les salariés aux gestes et postures.

Pourquoi pas.

Mais avant de décider de former, il faut peut-être se demander :

  • Pourquoi ces manutentions existent-elles ?
  • Peut-on supprimer certaines manutentions ?
  • Peut-on modifier l’organisation du travail ?
  • Les charges sont-elles adaptées ?
  • Le matériel utilisé est-il approprié ?
  • Peut-on mécaniser certaines opérations ?
  • Les distances parcourues sont-elles nécessaires ?
  • Les flux peuvent-ils être repensés ?
  • Les situations les plus contraignantes sont-elles connues ?

La formation peut finalement être utile.

Mais elle n’est peut-être qu’une partie de la réponse.

C’est toute la différence entre :

« Nous avons fait une action » et « Nous avons réduit un risque. »

Une action réalisée n'est pas nécessairement une action efficace

C’est une distinction essentielle dans le pilotage de la prévention.

Imaginons qu’une entreprise ait prévu trois actions :

ActionÉtat
Formation des salariésRéalisée
Achat d’équipementsRéalisé
Mise à jour d’une procédureRéalisée

Sur le papier, le PAPRIPACT avance.

  • Mais que sait-on réellement ?
  • Les salariés ont-ils modifié leurs pratiques ?
  • L’équipement est-il effectivement utilisé ?
  • La procédure correspond-elle à la réalité du travail ?
  • La situation de travail est-elle réellement meilleure ?
  • Le risque a-t-il diminué ?

Réaliser une action n’est pas la même chose que mesurer son efficacité.

C’est pourquoi un PAPRIPACT pertinent doit permettre de dépasser le simple suivi :

À faire / En cours / Réalisé

pour aller vers une véritable logique d’amélioration :

Quel problème cherchions-nous à résoudre ?

Quelle action avons-nous mise en œuvre ?

Quel résultat attendions-nous ?

Qu’avons-nous réellement obtenu ?

Faut-il poursuivre, adapter ou compléter l’action ?

C’est à ce moment que le PAPRIPACT devient un véritable outil de pilotage.

Que doit permettre un bon PAPRIPACT ?

Un PAPRIPACT doit permettre de répondre rapidement à quelques questions très simples.

Quelle est la priorité ?

Toutes les actions ne peuvent pas être menées en même temps.

Le programme doit permettre de distinguer ce qui est prioritaire de ce qui peut être traité ultérieurement.

Que devons-nous faire ?

L’action doit être suffisamment précise pour que chacun comprenne ce qui est attendu.

« Améliorer la sécurité » n’est pas une action.

Qui est responsable ?

Une action sans responsable clairement identifié risque fort de rester une intention.

Avec quels moyens ?

La prévention nécessite parfois du temps, des compétences, des équipements ou des investissements.

Ces moyens doivent être anticipés.

Dans quel délai ?

Une échéance permet de transformer une intention en engagement.

Comment saurons-nous que l’action a fonctionné ?

C’est souvent la question la plus importante mais trop souvent oubliée.

Le PAPRIPACT doit évoluer avec l'actualité de l'entreprise

Une entreprise n’est jamais figée.

Une organisation évolue.

Une activité se développe.

Un équipement est remplacé.

Une nouvelle machine arrive.

Un salarié change de poste.

Une équipe rencontre des difficultés.

Un accident ou un incident survient.

Une nouvelle situation de travail apparaît.

Le programme de prévention doit pouvoir évoluer avec ces changements.

C’est pourquoi je considère qu’un PAPRIPACT ne devrait pas être construit une fois par an pour ensuite être rangé dans un dossier jusqu’à l’année suivante.

Le suivi des actions doit faire partie de la vie de la démarche de prévention.

Dans l’une des entreprises que j’accompagne, par exemple, le DUERP alimente directement le PAPRIPACT, qui fait l’objet d’un suivi et d’une actualisation trimestrielle.

Cette organisation permet de conserver un lien entre :

  • les risques identifiés ;
  • les priorités de prévention ;
  • les actions décidées ;
  • leur avancement ;
  • les évolutions de l’entreprise.

Le PAPRIPACT devient alors beaucoup plus qu’un document annuel.

Il devient un support de dialogue et de pilotage.

Le PAPRIPACT ne remplace pas le management de la prévention

C’est un point essentiel.

On pourrait facilement tomber dans un nouveau travers :

« Nous avons un DUERP et un PAPRIPACT, donc notre prévention est structurée. »

Pas nécessairement.

Un programme peut être parfaitement construit et rester sans effet s’il n’est pas porté par l’organisation.

Qui suit les actions ?

Qui relance les responsables ?

Qui fait remonter les difficultés ?

Qui échange avec les salariés ?

Qui analyse les événements ?

Qui fait le lien avec les représentants du personnel ?

Qui alerte la direction lorsqu’une action prend du retard ?

Qui vérifie que les décisions prises produisent réellement les effets attendus ?

La prévention est une démarche collective.

Elle concerne la direction, les managers, les salariés, les représentants du personnel et les différents acteurs de la santé et de la sécurité au travail.

Le PAPRIPACT peut structurer cette démarche.

Il ne peut pas la faire vivre à la place du management.

Et le référent santé et sécurité au travail dans tout cela ?

Dans une entreprise, il est souvent nécessaire qu’une personne puisse contribuer à faire vivre cette démarche au quotidien.

Le référent santé et sécurité au travail peut notamment jouer un rôle dans le suivi des actions, la remontée d’informations, la coordination avec les différents acteurs et l’animation de la prévention.

Mais là encore, il ne s’agit pas de lui confier « toute la sécurité » de l’entreprise.

La prévention reste une responsabilité collective et doit être portée par le management.

Le rôle du référent est justement de contribuer à faire vivre cette dynamique.

Pour aller plus loin : découvrez mon article consacré au référent santé et sécurité au travail.

Et si votre PAPRIPACT révélait finalement quelque chose sur votre organisation ?

C’est un aspect que l’on oublie parfois.

Lorsque l’on construit un programme de prévention sérieux, certaines difficultés dépassent largement la question de la sécurité.

Une action qui n’avance pas peut révéler :

  • un manque de ressources ;
  • une organisation inadaptée ;
  • des responsabilités mal définies ;
  • des difficultés de management ;
  • un manque de communication ;
  • un investissement repoussé depuis plusieurs années ;
  • une problématique ergonomique ;
  • ou simplement une priorité qui n’a jamais été réellement arbitrée.

Le PAPRIPACT peut donc devenir un révélateur.

Il permet au dirigeant de voir non seulement quels sont les risques de l’entreprise, mais également sa capacité réelle à agir sur ces risques.

Et c’est là que la démarche devient particulièrement intéressante.

Comment savoir si votre PAPRIPACT est réellement utile ?

Vous pouvez vous poser quelques questions simples.

  • Si vous ouvrez votre PAPRIPACT aujourd’hui, savez-vous immédiatement quelles sont vos actions prioritaires ?
  • Savez-vous qui en est responsable ?
  • Les échéances sont-elles toujours pertinentes ?
  • Les moyens nécessaires sont-ils disponibles ?
  • Les actions en retard sont-elles identifiées ?
  • Les difficultés rencontrées sont-elles analysées ?
  • Les salariés ou représentants du personnel sont-ils associés lorsque cela est nécessaire ?
  • Vérifiez-vous l’efficacité des actions réalisées ?
  • Le programme évolue-t-il lorsque les risques ou l’organisation de l’entreprise évoluent ?

Si plusieurs réponses sont négatives, le problème n’est peut-être pas votre PAPRIPACT.

C’est peut-être votre démarche de prévention qu’il faut regarder dans son ensemble.

Le PAPRIPACT est un outil, pas une fin en soi.

Comme le DUERP, le PAPRIPACT n’a de valeur que par l’usage que l’entreprise en fait.

Un document parfaitement présenté ne protège aucun salarié.

Un tableau rempli ne réduit aucun risque.

Une action cochée « réalisée » ne garantit pas une amélioration.

Ce qui compte, c’est la capacité de l’entreprise à :

identifier → prioriser → décider → agir → vérifier → améliorer.

Le PAPRIPACT peut être l’un des outils qui permettent de faire vivre cette boucle.

Mais il doit rester connecté au terrain, au management et aux décisions de l’entreprise.

Vous avez un DUERP et un PAPRIPACT. Mais votre démarche de prévention est-elle réellement pilotée ?

C’est peut-être la vraie question à vous poser.

Vous n’avez peut-être pas besoin d’un nouveau modèle de PAPRIPACT.

Vous avez peut-être besoin de prendre du recul sur vos priorités, de mieux articuler votre DUERP et votre programme d’actions, de clarifier les responsabilités ou simplement de remettre la démarche en mouvement.

C’est dans cette logique que CBA Consult accompagne les entreprises.

L’objectif n’est pas de produire un document supplémentaire pour répondre à une obligation.

Il s’agit de construire avec vous une démarche de prévention cohérente avec votre entreprise, vos risques, vos moyens et votre organisation, puis de vous aider à la faire vivre dans le temps.

Parce qu’un bon PAPRIPACT n’est pas celui qui est le mieux rempli.

C’est celui qui permet réellement à l’entreprise de progresser.

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